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14 septembre 2006 4 14 /09 /septembre /2006 11:00
En cette rentrée, le blog d'Espace 19 vous fait partager les premières visions de la France de certains de nos adhérents.

Les apprenants et les bénévoles d’Espace Riquet ont utilisé la rédaction de ces textes comme un support à l’apprentissage, mais aussi comme le scénario d’un spectacle qui a été présenté le mardi 13 juin 2006 et le vendredi 31 juin 2006.


Les liaisons sont difficiles. Mais elles rendent la langue française très jolie.

Je suis chinoise.
Je suis venue en France le 03 novembre 2000.
Pour payer les études de mon fils, j’ai tout abandonné en Chine.
Quand je suis arrivée ici, je ne parlais pas un mot de français : ni bonjour, ni au revoir.
Un jour j’ai trouvé une annonce à Belleville pour s’occuper des enfants d’une famille chinoise.
J’ai travaillé 11 mois.

Ensuite, j’ai commencé à apprendre le français pour améliorer ma situation.
Il faut comprendre la langue pour communiquer et s’intégrer.
Mais le français, c’est difficile pour un asiatique.
J’ai appris dans une école Place de la République.
La première phrase, c’était « comment vous appelez-vous ? ».
Pendant 2 jours, je n’arrivais pas à prononcer ces mots.
Je ne pouvais pas ouvrir ma bouche.

En chinois, il n’y a pas de conjugaison, de grammaire ou de genre.
Il n’y a pas non plus de liaisons.
Chaque mot se prononce seul.
Les liaisons sont difficiles à comprendre.
Mais elles rendent la langue française très jolie.
J’aime beaucoup écouter le français, dans le métro, à la radio.
J’écoute parler les enfants.
J’aime entendre des poèmes.

Après 3 ans, j’ai commencé à parler français et à comprendre les traditions.
Ma vie a beaucoup changé.
J’ai des amis français, grecs, juifs, algériens, berbères.
C’est grâce à la langue que je les ai rencontrés.
Il n’y a pas de limites. 

Je parle beaucoup avec les Européens de la Chine, de la situation politique.
La Chine a avancé très vite au niveau économique.
Mais quand je téléphone à ma mère, je ne peux pas parler de tout.
L’Etat chinois nous surveille.

En France, la situation est très dure pour les immigrés.
Mais j’irai jusqu’au bout.
Mon fils a 18 ans maintenant.
Il est élevé par ma mère.
Pour l’inscrire au Lycée, j’ai payé 5000 euros.
Il passera un concours l’année prochaine pour rentrer à l’Université.

Je n’ai eu qu’un fils.
Les présidents chinois veulent que chaque famille ait un seul enfant.
Maintenant la Chine manque de filles.

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Published by Judicaël Denecé - dans Riquet
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