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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 13:52

par Lucille Tetu

Non les allocataires du RSA ne sont pas que des matricules, ce sont autant d'histoires vécues, de projets déçus, de schémas familiaux et de freins à lever lors des entretiens, autant de sujets individuels avec des rêves et des espoirs à apprivoiser... avant de pouvoir réellement effectuer un accompagnement en trouvant caché sous le discours de façade l'envie résiduelle qui subsiste encore après le plus souvent des années à errer dans les dispositifs d'insertion, qu'ils connaissent parfois mieux que nous pour les avoir tester un par un au gré des diverses orientations.

L'accompagnement social global des bénéficiaires du RSA revêt bien des formes différentes, il n'existe pas de manuel du référent RSA, il y a autant de façon de faire que de référents, autant d'outils et d'options que l'on peut en imaginer. Il s'agit d'un soutien dans les affaires du quotidien qui se veut et se souhaite par essence humain et empathique, qui demande du temps et des perspectives - pourtant dans un cadre législatif imposé qu'il faut sans cesse rappeler et expliquer.
Dans cet environnement de statistiques, de rapport d'activité, de bordereaux à signer, de comptes à rendre et d'actes pro à enregistrer sur ISIS il ne faut jamais oublier que le coeur du métier c'est la création et entretien du Lien, c'est la rencontre/promiscuité de deux personnes dans un bureau à intervalle régulière qui permet de toucher du bout du doigt l'envie résiduelle de vivre, de s'accomplir...masquée sous le sceau de "la recherche de l'autonomie financière".

Chacun sait que l'indépendance s'acquiert après de nombreuses étapes et que toutes les démarches portant sur les soins de santé, l'ouverture et le maintien des droits, l'amélioration de l'habitat, la gestion du budget, l'harmonisation des relations parents-enfants, la restauration de l'estime de soi...sont des prémices indispensables avant de pouvoir amorcer un accompagnement vers l'emploi.

Parce qu'il s'agit d'autant de freins imaginés ou réels qui font que ces personnes dépendent des minima sociaux, parfois pendant des années, sans parvenir à en sortir car pour beaucoup au fil du temps cette situation de précarité devient une norme rassurante et l'idée de reprendre un emploi ou une formation avec nouveau calcul de leur prestation, perte des droits connexes (CMU, CMU complémentaire, gratuité des transports...) et fin d'une prise en charge entrainent des incertitudes...

Autant d'inquiétudes et brouillards qu'il faut combattre en éclaircissant les flous au fil des entretiens car c'est en disposant de toutes les données que les personnes que nous accompagnons peuvent faire leur propre choix de vie, mesurer et se saisir de leurs ressources - qui bien souvent leur sont insoupçonnées -  et avancer dans le sens qui leur convient le mieux pour améliorer leur situation.

En tant que référent RSA nous ne sommes que des intermédiaires entre l'individu et le dispositif, entre une situation et les moyens de la dénouer, entre une envie et les pistes de réalisation.

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Published by Judicaël Denecé - dans Divers
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commentaires

ABROUS MARTINE 15/03/2014 21:31


Madame


Suite à votre article, je vous propose de vous contacter dans le cadre d'une recherche que je mène sur les sujets que vous abordez très bien


Martine ABROUS


Auteur d'un livre sur le sujet  (voir ABROUS)