Riquet

Mardi 21 mars 2006
Par Isabelle Cereijo
 
« La lutte contre les discriminations, au Centre Social Riquet c’est tous les jours »  affirment les membres du Comité Locale d’Animation qui se sont prononcés contre le fait d’organiser un évènement exprès pour la semaine…le débat était animé.

Quoiqu’il en soit, il y a un projet de rencontre au Centre Social Riquet qui à commencé avant la semaine de lutte contre les discriminations et qui se poursuivra, nous l’espérons bien après. Et nous comptons sur la semaine nationale pour donner au projet plus de visibilité.


Histoire d’une aventure qui débute

Pour le Centre Social Riquet, cela à commencé fin janvier, par une invitation à la pépinière Mathis avec les habitants du foyer Argonne. Avec émotions, nous avons fait connaissance d’hommes en lutte pour leur droits : logement, santé, insertion…telles étaient leur préoccupations.

Les habitants du foyer Argonne se rencontrent tous les mercredis et s’organisent. Cela non plus ne s’est pas fait en un jour. Depuis plus d’un an déjà, l’association Raconte Nous Ton Histoire va à la rencontre des habitants des foyers pour les écouter.

En assistant à cette rencontre, j’ai eu le sentiment que quelque chose de noble se préparait ici, comme si ces nouveaux arrivants portaient en eux quelque chose que nous avions perdu. La lutte, la solidarité, la fougue de la jeunesse alliée à la sagesse de l’Afrique ? J’ai tout de suite souhaité que l’on aille plus loin.

Vendredi 24 février nous les avons invité au Centre Social Riquet. Assis en cercle les échanges ont fusés, les récits de vie étaient extraordinaires : du tour de l’Afrique pour arriver en France d’un tel à la régularisation obtenu à la fin d’une manifestation pour « des papiers » d’un autre, les histoires étaient surprenantes.

Marie Hélèna, responsable de l’association Raconte Nous Ton Histoire, nous a proposé de remettre cela le mercredi 22 mars…pendant la semaine de lutte contre les discriminations, ça tombe à pic !

Olivier, responsable du loisir à Riquet, s’est tout de suite joint à nous et un projet de chef s’est mis en place avec Loïc, le cuisinier de Riquet : faire réaliser par les enfants des gâteaux pour la soirée de mercredi, et par la même occasion inviter les parents.

Les apprenants et les bénévoles de nos ateliers de « langage et socialisation » sont dors et déjà invités. L’idée d’un débat avec le MRAP (mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) les emballent, et plusieurs apprenants, nous réservent dors et déjà de superbes récits d’aventuriers.

Le vendredi 17 mars, a eu lieu notre repas hebdomadaire réalisé par l’atelier de cuisine. Et à cette occasion de rencontres et de convivialité, nous n'avons pas manqué de faire passer l’information. Car plus nous serons nombreux mercredi 22 mars, plus la soirée sera riche en rencontres, plus l’isolement des habitants des foyers aura reculé.
Par Judicaël Denecé
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Jeudi 23 mars 2006
Par Isabelle Cereijo

« Droits des étrangers : où va-t-on ? » tel était le thème de la soirée débat autour d’une exposition organisée à Riquet mercredi 22 mars.

Mots en vracs : zone d’urgence, logement et discriminations, emploi et discriminations,  lois racistes, droit du sol, cimade, gisti, ligue des droits de l’homme, coordination des sans papier, régularisation, 10 ans en France et sans papier…

Des rendez-vous ont été pris, au MRAP, avec la conseillère juridique de Riquet, avec Fadila du pôle social pour répondre aux nombreuses questions personnelles soulevées par le sujet. Les permanences pour les étrangers vont se surcharger un peu plus grâce à cette rencontre.

En fin de débat, enthousiasmé par un vent de citoyenneté, chaque participant à pris son agenda et a noté : soirée d’information au MRAP mercredi 28 mars, en présence de 2 avocats qui commenteront les projets de lois sur les étrangers. Une nouvelle loi qui remettra en cause le droit de vivre en famille, et aussi parfois, tout simplement le droit de vivre tout court.
Et enfin, le 2 avril, place de la république, un rassemblement de 150 associations qui se réunissent contre ce projet d’immigration jetable, un rendez vous festif, engagé et musical avec les Têtes Raides en concert.

Car ce soir, tout le monde l’a bien compris, la course aux lois contre l’immigration a commencé, et seul l’opinion publique pourra la stopper.


Extrait du livre d’or :
« Très bonne initiative, j’espère que l’on fera plein d’autres soirées citoyennes. »
« Sympa et instructif, un vrai plaisir à partager à chaque fois avec vous. »
« Il faut maintenant que les bénévoles et les salariés d’espace 19 puissent avoir les bons contacts pour ré orienter les sans papiers. »
« Continuez le combat. »
« Cette rencontre nous montre une fois de plus tous les problèmes sur l’intégration des étrangers. »
Et puis il y a toutes ces signatures laissées par ceux qui ne peuvent en écrire plus mais qui aurait pu en parler jusqu’au bout de la nuit.

Le plus de la rencontre : une mixité homme femme quasi parfaite, jusqu’au bout de la soirée qui en a surpris plus d’un et d’une…sans qu’on ai eu besoin de faire des discriminations positives ou négatives.
Par Judicaël Denecé
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Lundi 22 mai 2006
Par Giliane

«Mercredi 3 mai, je pousse pour la deuxiéme fois la grille d’accés à la tour qui surplombe l’espace19, rue Riquet. Quatre totems de taille humaine m’accueillent. Sur l’un d’eux, une inscription : « beze la police ». L’orthographe laissant libre cours à l’imagination, il n’y a pas forcement insulte à agent…

Quelques marches, et, en contrebas, une dalle en béton où se lovent des reptiles dignes de figurer au muséum d’histoire naturelle mais destinés aux tout petits de la halte garderie. L’espace 19 n’a pas pour seul vocation l’alphabétisation, « langage et socialisation » dit-on aujourd’hui. On y trouve aussi une créche, du soutien scolaire, un écrivain public, un atelier cuisine, des balades découvertes…Ce soir, les usagers : une chinoise, une srilankaise, un bangladeshi, un mauritanien, des maliens, un sénégalais, et les bénévoles : une vénézuelienne, une portuguaise, un libanais, des français vont découvir le jeu « jouons contre les discriminations », une sorte de trivial poursuite.

On y joue par équipe. En principe on gagne des points et …que le meilleur gagne ! En principe !! Le jeu débute avec des questions aussi affligeantes que : « Fille ou garçon, quelle différence ? » ou « L’argent est-ce-que cela à de l’importance ? ». Et là, le miracle se produit : à chaque question, un débat d’une richesse insoupçonée.

Le Sexe ? Responsabilité du chef de famille africain contre féminisme européen.
L’argent ? dignité et respectabililté, voire première nécéssité contre détachement, refus du matérialisme, aspiration à d’autres valeurs…tout le monde à raison et la compétition tombe d’elle-même. Après deux heures et demi on a abordé à peine quatre questions mais il faut bien rentrer. Je m’en vais à regrets mais avec des petites ailes sous les pieds. Je les rejoins l’année prochaine. »
Par Judicaël Denecé
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Lundi 4 septembre 2006
En cette rentrée, le blog d'Espace 19 vous fait partager les premières visions de la France de certains de nos adhérents.

Les apprenants et les bénévoles d’Espace Riquet ont utilisé la rédaction de ces textes comme un support à l’apprentissage, mais aussi comme le scénario d’un spectacle qui a été présenté le mardi 13 juin 2006 et le vendredi 31 juin 2006.


En arrivant à Paris, je connaissais Que Dalle

Le plus important en France, c’est de parler la langue.
Je vais vous donner des exemples pour vous le montrer.

La première fois ou j’ai regretté de ne jamais avoir appris le Français, c’est à l’aéroport Charles de Gaulle.
Je suis arrivé à la douane.
Je suis passe directement parce que je n’avais pas de bagages.
Puis j’ai cherché la sortie.
Je ne la trouvais pas puisque je ne savais pas lire le français.
J’ai demande en Soninké à un africain à côté de moi.
Il m’a indiqué le chemin
La porte s’est ouverte automatiquement devant moi.

La deuxième fois où j’ai regretté de ne jamais avoir appris le Français, c’est à l’hôpital.
J’ai demandé à quelqu’un de venir avec moi pour parler avec le médecin.

Pour le travail c’est pareil, c’est très difficile quand on ne parle pas la langue.
Avant je travaillais avec un français d’origine italienne.
Il me montrait les choses avec le doigt

En arrivant à Paris, je connaissais que dalle.
C’est de ma faute si je ne l’ai pas appris au Mali.
Chaque semaine en cours d’arabe, on avait une journée de français.
Mais quand je rentrais chez moi, je n’ouvrais pas les cahiers.

Alors je me suis débrouillé pour apprendre le français.
Ça fait plusieurs années que j’apprends à Espace 19.
La famille de mon oncle m’a aussi beaucoup aidé.
Ses enfants parlent en mélangeant le Soninké et le Français, donc j’ai appris avec eux.
Par Judicaël Denecé
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Vendredi 8 septembre 2006
En cette rentrée, le blog d'Espace 19 vous fait partager les premières visions de la France de certains de nos adhérents.

Les apprenants et les bénévoles d’Espace Riquet ont utilisé la rédaction de ces textes comme un support à l’apprentissage, mais aussi comme le scénario d’un spectacle qui a été présenté le mardi 13 juin 2006 et le vendredi 31 juin 2006.


Les fleurs des Buttes Chaumont

Je suis né en France en 1984.
En 1997, mon père a décidé de passer sa retraite au Sénégal.
Toute la famille est partie dans la ville de Bakel.
Là-bas, je suis allé à l’école coranique pendant 6 ans.
On nous apprend la prière, le respect.
J’étudiais avec des gens de tous les âges.

Après la mort de mon père, mes frères et sœurs sont revenus en France.
Je les ai rejoins en 2004.

Je travaille aux Buttes Chaumont comme ouvrier spécial entretien général.
Je m’occupe des plantes : les arbres, les sapins, les roses, les tiges, les pétales.
Il faut les surveiller, les arroser tous les matins.
Dans le Parc, je commence à 07h30.
Je finis à 16h18.
J’ai un programme pour la semaine que me donne mon chef.
Je connais tous le monde là-bas.
Il y a une bonne ambiance.
J’ai un contrat de deux ans.

Pendant les 6 années au Sénégal j’ai oublié le français.
A l’école coranique, on parlait Soninké.
C’est pour ça que je viens à Espace 19
Savoir écrire, ça va me servir dans mon travail.

Après le travail, on se promène dans le quartier avec mes amis.
On va à l’Olympe pour manger un couscous.
Par Judicaël Denecé
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